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Bonne lecture !

Babeth


vendredi 11 novembre 2011

OBSESSION

Omniprésent, omni absent,
Elle pense à lui, ici sans lui.

Omniprésent, omni absent,
Elle se souvient des beaux matins.


Omniprésent, omni absent,
Elle attend lasse ce regard là.

MISS BLUE EYE

L’heure est venue pour moi de prendre le large.
Il faut me comprendre même si vous ne pouvez pas comprendre. Nous ne sommes pas du même monde. Enfin, vous voyez ce que je veux dire…

Quand le temps passe trop vite, c’est avec mes amis. Quand le temps ne passe pas, c’est quand je suis là.

Tic tac, tic tac résonne la pendule de mon cœur.
Tic tac, tic tac, ainsi passent les heures.
Les secondes coulent et s’écoulent lentement dans le filtre de mes journées Lycée. C’est comme un goutte à goutte interminable qui me rend minable.
Moi, je rêve d’un temps infini où tout serait permis. Plus de réveil, plus de pendule ! Juste le silence du temps qui passe délicieusement dans un Pays Choisi.

Quel Pays ? Me direz-vous. Mon Paradis à moi. Je ne le connais pas encore mais je sais qu’il existe un endroit pour les filles comme moi qui rêvent de liberté, d’amour et d’amitié.
Et pour le trouver, je dois vous quitter. Non, ne pleurez pas ! Dans quelques années, je reviendrai le cœur léger. Et je pourrai vous raconter.

Mon sac est prêt.
Je m’en vais. Et, NON ! Je n’ai pas oublié les clefs de la maison.

Tchou !

AUJOURD'HUI UN HOMME EST MORT

1.


Rose rouge
Rouge baiser

Seul sur la scène
Scène madrilène

Sous la lumière
Lumière d’étoiles
Dans la nuit noire

Rouge
Nuit
Rose
Etoiles
Scène
Lumière
Seul
Baiser
Noir
Madrilène

Madrilène
Noir
Baiser
Seul
Lumière
Scène
Etoiles
Rose
Nuit
Rouge

Rouge
Nuit
Rose
Etoiles
Scène
Lumière
Seul
Baiser
Noir
Madrilène


Silence total
Totalement tu

Trois coups frappés
Frappés au cœur.

Ca va commencer...




2.



Les douze coups de minuit sonnent au carillon.
Une foule d’hommes et de femmes, en rouge, noir ou blanc, envahissent la scène. Cris, embrassades, rires et pleurs fusent de tous côtés. Aujourd’hui, un homme est mort ; John Fitzgerald Kennedy a été lâchement assassiné, à l’autre bout du monde. Toute l’Espagne est sous le choc mais rien ne peut empêcher ce peuple de vivre ses traditions. Ainsi, tout ce petit monde disparait en se précipitant vers les arènes pour assister à la corrida du nouveau siècle qui commence.

Seule et momentanément abandonnée, Dalida « bella » reste là complètement muette et perdue. Les deux mains posées sur sa poitrine, elle tente de calmer les palpitations de son cœur affolé. Elle sait que ces battements crescendo traduisent une peur panique et en même temps une certaine impatience délicieuse ; il faut l’avouer.
Comme à chaque fois, quand Diego « le torero sans peur » se lance dans l’arène, c’est une crainte incontrôlable qui se réveille en elle. Tout son corps se glace et se met à trembler sous sa robe rouge flamenca parsemée de pastilles blanches immaculées. Elle a beau se résonner que cette personne n’est rien pour elle (d’ailleurs il ne la connait même pas), elle ne peut s’empêcher de penser à lui.

Mais que se passe-t-il ? Pourquoi tant de chichis ? Il y a tellement de gens sur terre et il a fallu qu’elle se focalise sur celui-ci qui risque sa vie, à longueur de temps, et dont c’est peut-être déjà les dernières heures d’une vie tumultueuse. Dans quelques minutes, il paradera sur la piste, seul, face au taureau à jouer avec la mort. Comme à chaque fois, cette scène l’écœurera à cause du sang, de la bestialité, de la vanité et de l’honneur plus fort que tout. Comme à chaque fois, cette scène la fascinera par la beauté des gestes, par les paillettes et par la chance, maitresse du destin.
Il est tout ce qu’elle déteste : il est fier, bêtement adulé et assassin d’animaux innocents. Et pourtant, il illumine ses rêves...

La tradition veut qu’une jeune fille de vingt ans lui apporte une coupe de champagne dans sa loge, pour lui porter chance ; une heure avant sa rencontre avec la bête. Le choix de l’heureuse élue est le fruit du hasard. Le torero pioche, à l’aveugle, sur un plateau d’argent, un des petits papiers où sont inscrits tous les noms des demoiselles concernées, de la ville.

Et cette fois elle vient d’apprendre que c’est elle qui est l’heureuse élue. Oui, c’est elle que le destin a choisi pour accomplir cette mission sacrée ! Et Dalida « bella » bénit ce plateau martelé qu’elle garde serré contre son cœur. Car, à l’annonce de la nouvelle,  elle s’est précipitée à la bodega. Et là, abandonné sur une table se trouvait le plateau. Elle a su se faufiler discrètement, au milieu des habitués pour récupérer l’objet fétiche, effleuré par Diego, « le torero sans peur ». Possédée par le diable ou par la passion, elle s’est emparée de ce trésor pour ne plus s’en séparer.
Le soir venu, à l’heure du coucher, à l’heure où les paupières se ferment malgré une furieuse envie de vivre déjà demain, elle a glissé son précieux butin sous son oreiller. Et là, allongée sur son lit, elle a pu s’endormir tout près de lui, un léger sourire esquissé sur ses lèvres.
Au réveil, elle savait que cet objet brillant ne la quitterait plus et qu’il serait le trait d’union entre elle et lui.



3.



Aujourd’hui un homme est mort.

Les lourdes portes de l’arène s’ouvrent enfin. Après d’interminables heures d’attente, la corrida va, enfin, pouvoir commencer. Il faut dire que les rares télévisions des cafés espagnols environnants viennent de retransmettre la terrible nouvelle. Le président des Etats-Unis, John Fitzgerald Kennedy vient d’être assassiné en pleine parade. Le monde entier est sous le choc et l’Espagne aussi. Les hommes restent abasourdis tandis que les femmes sont déjà en pleurs. C’est la stupéfaction, l’incompréhension, la tristesse.

Comme des automates, la tête basse, la foule se rassemble pour avancer doucement et s’installer dans les gradins. Chacun évoque son ressenti, chacun écoute sans écouter, chacun est ailleurs.

Diego, le torero « sin miedo » (« sans peur ») est également choqué. Comment un homme d’une telle valeur a pu être lâchement massacré ? C’est monstrueux, injuste et révoltant !
Il faut qu’il se calme, qu’il se recentre sur lui-même pour affronter la bête. Il réfléchira plus tard à l’incohérence de ce geste. Diego entre majestueusement dans l’arène accompagné par la fidèle fanfare sévillane. Puis, c’est le silence total. Les gradins sont bondés et pourtant les spectateurs restent muets avec un mélange de tristesse et de respect.
Le taureau, cornes en avant, est déjà au centre de la piste, immobile. Seul le bruit de ses sabots raclant le sol et soulevant la poussière est perceptible. Comme à son habitude, Diego cabré en forme de S, le bras droit agitant fièrement la cape rouge écarlate, avance. Son port de tête est fier et son regard perçant ne fixe que la bête ; droit dans les yeux. Seules ses jambes élastiques avancent gracieusement, au ralenti.
Il sait que le taureau sait. La mort plane au-dessus de leurs têtes et c’est ce danger là qui est grisant. C’est cette présence invisible qui apporte le piment à ces instants entre l’homme, la bête et les autres. Mais comme, à son habitude, Diego va d’abord s’amuser un peu et élaborer la danse face à face, calculée et improvisée, palpitante et macabre. Il va faire son numéro, son show si attendu et si apprécié des aficionados.

Aujourd’hui un homme est mort. Un homme admirable et admiré par toute la planète. Et Diego a du mal à se concentrer. John Kennedy ne méritait pas de mourir si tôt. Il avait encore tant de choses à faire. Lui aussi d’ailleurs, il a tant de rêves.
Mais qu’est-ce qu’il fout ici ? Quel sens a sa vie ? Distraire la compagnie en tuant et en se faisant payer pour ça ? Comment a-t’il pu en arriver là ? Dans sa famille ; on est torero de père en fils et tout cela lui paraissait naturel, jusqu’à aujourd’hui, où John est mort.

La jeune demoiselle qui lui a apporté sa traditionnelle coupe de champagne ne l’a pas laissé indifférent. Avec délicatesse, elle lui a remis son verre, en le regardant fixement avec ses yeux de biche attendrie. Et pour la première fois, il a senti les battements de son cœur s’accélérer, sans pouvoir les contrôler. Puis rapidement, elle s’est éclipsée dans sa belle robe rouge flamenca aux pastilles blanches immaculées, en laissant une enveloppe sur le fameux plateau d’argent.
Surpris, Diego la décachète et peut y lire ces quelques mots. « Je suis de tout cœur avec vous. Et je sais que vous saurez faire le bon choix »… Il ne la connait pas et pourtant il sent qu’elle prend déjà toute la place dans sa vie.

Sa mission n’est plus de tuer mais d’aimer. D’ailleurs, à cet instant, le taureau lit dans ses pensées car il ne bouge toujours pas comme s’il n’a plus rien à craindre. Diego non plus et le public également. Il lui devient même impossible de jouer à faire le torero « sin miedo ». Tous ces gestes accompagnées des « hey toro, toro ! »« olé, olé ! », « arriva, riva riva ! » resemblent à ceux d’un pantin inconnu.
Tout à coup, sans réfléchir, après avoir fait trois tours de piste d’un pas rapide, il se décide à saluer la compagnie en levant son couvre-chef, puis à foncer  tout près du taureau pour s’agenouiller et lui accorder un franc baiser sur le museau. Sans que l’animal gracié ait le temps de réagir, il se relève promptement, lui adresse sa plus belle révérence et sous l’œil du public, consterné et stupéfait, Diego tourne les talons et quitte majestueusement l’arène, pour la dernière fois.

EN DIRECT

« Nous sommes en direct de Pointe à Pitre, il est 19h00 heure locale »

Le grand écran de Catherine Guilman illumine son salon flambant neuf. Il est 7h00 du matin ; la France s’éveille.

« Nous pouvons voir des guadeloupéens arriver de toute part sur la place principale. La majeure partie de la population semble présente et la foule devient de plus en plus compacte. Maintenant, la tension est à son comble et les forces de l’ordre ont de plus en plus de mal à retenir les barrières, vu le nombre grandissant de manifestants. Ici, tout le monde est à bout et les renforts tardent à se venir. Il semblerait qu’une partie des CRS soit encore bloquée à Fort de France... »

Catherine, encore en nuisette à frou-frou, est assise sur son nouveau canapé en alcantara bleu turquoise. Tout en admirant sa télé, elle caresse, d’une main satisfaite, sa nouvelle acquisition au toucher peau de pêche. De l’autre, elle tient précautionneusement son thé au citron. Elle est détendue.

« Toujours pas de signe de vie des renforts ! Les forces de l’ordre n’en peuvent plus et ont de plus en plus de mal à contenir la foule devenue hystérique. Plusieurs manifestants tentent d’enjamber les barrières métalliques. En dernier recours, les policiers tentent de se donner la main pour empêcher le passage. Une véritable chaine humaine se met en place.
Malheureusement rien n’y fait et les risques de bousculade sont très présents. Regardez cette femme qui hurle, en tenant son bébé en l’air ; elle veut tenter de passer coute que coute. Il serait peut-être bon de faire une exception et de la laisser passer. Mais un jeune militaire, enfin arrivé sur place en renfort, met un point d’honneur à la bloquer. C’est l’incompréhension totale ! »

Catherine regarde sa montre ; elle a encore quelques minutes pour terminer son thé. Elle se lève, se dirige vers le poste et baisse complètement le son. C’est vraiment trop de bruit dans les oreilles pour démarrer une si belle journée. Elle se contentera des images.
Il faut dire qu’elle a été enfin nommée nouvelle responsable de la bibliothèque scolaire. Pour sa première journée avec les mamans bénévoles, il va falloir qu’elle assure ! Etape numéro un : se concentrer. Comment va-t-elle s’habiller ? Alors elle se dirige vers la fenêtre pour voir le temps qu’il fait et trouver l’inspiration. Le soleil brille déjà.

Dans son dos, les personnages continuent de se débattre dans l’écran plat 127 cm. Comme une danse macabre, sans musique, la mère impatiente et énervée envoie, de toutes ces forces, un coup de poing dans le visage du militaire resté impassible. Le choc inattendu est tel que ce dernier est projeté en arrière et bascule sur l’asphalte. Immédiatement, il ramène sa main sur son œil droit déjà sanguinolent tandis que sa bouche se tord dans tous les sens. Puis sans réfléchir, il s’agenouille, porte la main à sa cheville, sous son pantalon, pour sortir son fidèle couteau. Il se relève, sans peur, en bombant le torse et se dirige droit vers cette femme indomptable. Alors, sans réfléchir, sans hésitation, il lui plante la lame aiguisée droit dans le cœur...
En direct, sous l’œil des caméras, la femme tombe à terre comme une lourde poupée de chiffons. Le bébé emmitouflé chute mollement des bras de sa mère vers le sol. Allongé sur le dos, seul son visage rose est visible avec sa petite bouche qui s’ouvre et se ferme comme celle des poissons rouge.
La foule devenue silencieuse est choquée et forme un grand cercle immobile autour de la scène. Le militaire paniqué, profite de ce bref répit pour prendre ses jambes à son coup et s’enfuir le plus loin possible.

Ca y est ! Catherine a trouvé. Elle mettra sa petite jupe boule avec un caraco en dentelle. Vite, elle se retourne et va éteindre la télé. Elle peut encore apercevoir à l’image, deux militaires tenant dans leurs bras un joli petit bébé ; un peu braillard tout de même.
Elle s’attendrit un court instant. Éteint le poste. Puis elle a une idée... Et elle se dit que ce soir, il faut qu’elle en parle à son mari.

« Et si on faisait un bébé ? ».

BONJOUR – JOUR BON

Bonjour, jour bon à tous mes chers concitoyens !

Aujourd’hui, j’ai l’immense plaisir de célébrer le mariage de Gaspard (mon fils chéri et futur bon médecin j’espère) et de notre chère Antoinette, toute mignonette.

Pourtant, comme vous le savez tous, le mariage n’est pas mon fort. Autant en politique, cela fait vingt ans que je suis fidèle à mes principes et que j’ai de vraies convictions ; autant en amour, je n’ai pas de règles. Habituellement, je ne m’étends pas sur le sujet et cependant, mes très chers, cela nous concerne tous. Car sans amour, nous ne sommes pas heureux, sans amour nous ne pouvons avancer dans la vie, sans amour, nous ne pouvons pas aimer à notre tour. En ce qui me concerne, vous savez que je n’ai jamais pu me fixer durablement car il y a tellement de belles femmes à aimer... N’ayez crainte Messieurs, je parle avant tout des célibataires, des divorcées ou des veuves ; cela fait déjà un sacré choix. Mais j’ai toujours de l’admiration pour ces personnes qui s’engagent officiellement dans l’aventure unique de leur couple et qui s’accroche à cette histoire  jusqu’à la fin de leurs jours. Et là je m’adresse à tous les mariés de notre village ; comment faites-vous pour y croire ? Comment faites-vous pour durer ? Quel est votre secret ?
C’est donc avec cette part de mystère que j’enchaine avec nos jeunes mariés, ici présents.


Moi, Marcel, maire de ce village, j’ai donc la grande joie d’unir Gaspard LUCENAY ici présent à Antoinette MICHEL, en ce jour divin : dimanche 2 août 1997.

Ma Toinette, je te connais depuis toute petite et malheureusement tes chers parents ne sont plus là pour être témoins de ce jour béni. Enfin tu t’es décidée ! Pourtant tu avais le choix entre Domi, Raoul, Fetnat et André. Mais c’est Gaspard que tu as choisi ; bien t’en a pris ! Le souci, c’est que tu es très jolie et pas seulement aujourd’hui. Fini la bamboula à droite à gauche ; il va te falloir devenir femme raisonnable et responsable. Aujourd’hui tu es toute en beauté dans ta robe soyeuse, couleur ivoire, et ton parfum exotique nous embaume... D’ailleurs ton témoin Fetnat l’a bien remarqué... N’est-ce pas Fetnat ? Veux-tu bien te décoller légèrement de la mariée car ce n’est pas ta noce. Ok ?

Et toi Gaspard, arrête de loucher sur Gladys ! On n’est pas en disco zouk en train de chercher avec qui on va danser la biguine. On est à ton mariage. Et je te préviens, il va te falloir assurer pour la vie. Je ne t’ai pas acheté un costume spécial à trois mille euros, uniquement pour que tu sois beau quelques heures ! J’ai investi sur ton couple car il était temps que tu quittes la maison.
Prend exemple, non pas sur moi, mais sur ton témoin Barack. Il est vraiment devenu quelqu’un et sa femme Michèle l’admire, le soutient et le chérit à longueur de temps.
Maintenant que tu as ton diplôme de médecin en poche, il va falloir le mettre en pratique rapidement pour gagner ta vie, votre vie. Je fais confiance à Antoinette pour gérer la maison et tous vos enfants à venir. D’ailleurs, à ce sujet, ne tardez pas trop pour que je puisse en profiter.

Et maintenant, clôturons au plus vite car le soleil chauffe, le ti punch nous attend et Margarita me fait signe que le poulet coco est à point.

Alors prêt pour la grande aventure ?
Gaspard, as-tu bien réfléchi ? Jures-tu, à présent, de ne regarder que ta femme, de l’aimer, de la chérir et de lui rester fidèle toute la vie ? Oui ?
Toinette, es-tu sûre de ton choix et d’aimer Gaspard, à jamais, avec ses défauts (flambeur, noceur, dragueur) et aussi, bien entendu, avec toutes ses qualités, que tu connais mieux que moi ? Oui ?

Je vous déclare donc mari et femme pour le meilleur et pour le pire.
Vive les mariés !
En avant la musique ! Et que la fête commence !

L'AMOUR

- Dis-moi Papa ? Comment fais-tu pour l’avoir ?

- C’est très simple mon fils ; j’assure le quotidien, je rassure, je sécurise et il me tombe dans les bras.

- Alors là cher gendre, vous êtes un peu trop simpliste ! Car depuis des années j’ai fonctionné comme vous et je sais qu’il faut plus de finesse.

- Mais je vous assure. Ca marche à tous les coups. Oui quelquefois, il est vrai qu’il faut rajouter un peu de piment, un peu de surprise. Une ou deux fois par an suffit pour le garder.

- N’oubliez pas aussi sa liberté car à trop barricader et à trop posséder, il peut disparaitre.

- Je suis confiant.

- Vous savez, je l’ai déjà vu partir plus vite que vous ne croyez. S’il se trouve auprès d’une personne à la belle âme et de surcroit aventurière, le voilà qui vous échappe.
Suivez mes conseils, très cher : bichonnez-le, protégez-le et surtout aimez-le avec votre cœur. Dans ce domaine, il n’y a pas d’assurance, il n’y a pas de certitude. Sachez donner le vôtre sans rien attendre en retour et vous garderez surement le sien.
A trop vouloir, on se perd ; à bon savoir, on est fier !

- Il est vrai que de temps en temps, je constate qu’il a légèrement bougé et une ou deux fois, j’ai cru l’avoir perdu. Mais il est toujours revenu !
Merci pour les conseils chère belle-mère. Je ne manquerai pas d’y songer, et de m’améliorer pour le garder.

- Pas de quoi. Car vous le méritez.

- Et moi Papa, comment je peux faire pour l’avoir ?

- Toi, mon fils, tu l’as toujours eu. Il est tellement près de toi que tu ne le vois même pas. Moi petit, j’ai perdu celui de ma mère et c’est à ce moment là que j’ai réalisé combien il me manquait.
Toi, il ne te quittera jamais ! Je le sais, j’en suis sûr ; il sera toujours à tes côtés ou que tu ailles, quoi que tu fasses. Et pour te rassurer, sache que tu l’as même en double : le sien et le mien.

MAL AIMER

Henri est mal aimé
Mal aimé par sa femme
Trop indépendante
Mal aimé par son amante
Prénommée Rolande
Et bien trop cinglante

Scarlett est mal aimée
Mal aimée par son patron
Prénommé Henri
Avec elle il est pression
Il est tension
Il est mauvaise passion

Elle sait résister
Il ne peut supporter

Henri est révolté et dégouté
Il veut se tuer
Il n’est pas prêt

Marc est léger et distrait
Il est aimé d’Henri
Et veut l’aider à s’aimer
Il faut le sortir des ses mauvais désirs
Il faut lui dire d’en finir

Henri est décidé
Il va jouer serré

Scarlett a un bébé
Une jolie petite fille noire
Aimée dans la joie et dans l’espoir

Il ne peut supporter
Il décide de l’enlever

Visite de Scarlett et de son bébé
Dans sa demeure privée
Il ouvre la porte et la ligote
Sa moto démarre avec cette chose noire
Qui fait tout un tintamarre

Il roule et déboule devant la gare
Cette fois c’est fini
Il n’y aura plus de petit entre Scarlett et lui

La petite Soraya est aimée
Aimée par sa maman éloignée
La petite Soraya est pleurée
Pleurée par sa maman ligotée

Soraya sourit dans le train de son nouveau destin

Tant qu’une noire beauté l’habitera
Elle s’en tirera !